Fraîchement arrivé en Berjallie H. BOINALI a répondu à nos questions. Son parcours atypique à Mayotte, sa folle arrivée en métropole ou encore son exigence sur le terrain, partez à la rencontre de notre nouveau défenseur !
Peux-tu nous faire un rapide rappel de ton parcours depuis vos débuts dans le football ?
J’ai été formé au Tchanga Foot, à Mayotte, jusqu’à mes 17 ans. Après le bac, je suis parti à La Réunion où j’ai joué dans deux clubs : la JS Bois de nèfles puis l’US Sainte-Marie, un grand club réunionnais. Avec eux, j’ai connu la Régionale 1 et la Coupe de France locale.
En 2019, j’ai fait les Jeux des Îles avec la sélection de Mayotte, ce qui m’a permis de venir en Métropole. J’ai fait des essais à Annecy qui n’ont pas abouti, puis j’ai signé à Rumilly-Vallières. J’ai commencé avec la réserve avant d’intégrer rapidement l’équipe première en N3. On a fini champions et on est montés en N2.
La première année en N2 a été marquée par le Covid, mais on a fait un super parcours en Coupe de France jusqu’en demi-finale. La deuxième année en N2 s’est moins bien passée, on n’a pas pu se maintenir et on est redescendus en N3. L’année suivante en N3, on a loupé la montée d’un point face à Bourgoin.
Je suis ensuite parti à Feurs en N3. Après une relégation administrative en R1, on a refait une saison où on est champions pour remonter en N3. Suite à ça, j’ai décidé de partir pour me rapprocher de ma famille vers Annecy . Je suis revenu à Rumilly en R1. Ça s’est très bien passé, je m’entraînais avec la N2. Cette année, l’opportunité de Bourgoin s’est présentée et aujourd’hui je suis là, très content.
Qu’est-ce que tes expériences à Mayotte et à La Réunion t’ont apporté avant d’arriver en Métropole ?
Énormément, surtout sur le plan physique ! À Mayotte, on n’avait pas dix mille ballons ou dix mille plots. On courait beaucoup, les entraînements se faisaient sur la plage ou sur le seul terrain qu’il fallait partager. Et puis, on n’avait que ça : pas de vélo, pas de PlayStation… Le sport était le moyen de voir autre chose et de voyager.
J’ai pas mal voyagé grâce au sport, notamment avec le rugby. J’étais en sélection de rugby, j’ai même été capitaine de la sélection des jeunes de Mayotte. Ça m’a beaucoup aidé pour l’agressivité et l’engagement.
Il faut savoir qu’à la base, j’étais attaquant. En arrivant à La Réunion, j’ai continué un peu à ce poste, mais en sélection senior, c’était plus compliqué. J’ai eu ma chance au poste de latéral droit, puis piston droit parce qu’on jouait à trois derrière. Le coach m’a basculé et ça s’est super bien passé.
Tu cumulais donc foot et rugby dans ta jeunesse ?
Oui ! J’étais en section sportive football, et à côté je partais en sélection de rugby. Des fois, je devais choisir selon les saisons, mais j’adorais le rugby pour l’impact, les duels. Au rugby, j’étais demi de mêlée, donc je construisais le jeu comme un numéro 10 et je courais énormément pour suivre le ballon.
Toutes ces années m’ont donné cette culture du duel. J’accepte totalement le combat, c’est mon jeu. C’est pour ça que passer d’attaquant à latéral ne m’a pas dérangé du tout : les duels ne me font pas peur, je suis un vrai soldat.
La saison 2019-2020 a été un tournant. Tu arrives en Métropole, tu t’imposes rapidement à Rumilly… Comment as-tu géré cette adaptation ?
C’était l’occasion ou jamais. Je me suis dit que j’avais une chance à saisir. J’ai toujours rêvé d’être sportif et d’en vivre. Quand je suis parti de La Réunion, c’était pour le foot, donc je ne pouvais pas lâcher.
Il y a eu des moments durs, surtout l’hiver. Je n’avais jamais connu le froid ! J’avais les pieds gelés, tout durs, mais mentalement j’étais armé. Ma famille et mes parents étaient là pour me soutenir. Je me disais : « Si d’autres ont réussi, pourquoi pas moi ? Ce n’est pas le froid qui va m’arrêter. »
Tu as la réputation d’être un joueur très régulier (20 à 22 matchs par saison en moyenne). Quelle est ta recette ?
C’est la rigueur. Arriver toujours en avance, bien s’étirer, bien se préparer. J’ai aussi beaucoup investi chez moi : je me suis installé une vraie salle de sport avec un rameur, un tapis de course… À 30 ans, l’âge commence un peu à me rattraper, donc hier soir encore après l’entraînement, je me suis fait une session de 20 minutes pour bien me préparer. Je sais qu’il n’y a que le travail qui paye.
Tu connais bien le club de Bourgoin pour l’avoir affronté. Quels sont tes objectifs ici ?
Je connais très bien le club. L’année où on jouait la montée avec Rumilly contre Bourgoin, le coach et le président m’avaient déjà contacté pour venir. Ça ne s’était pas fait à l’époque, mais c’est un club que je suivais beaucoup.
Le stade Pierre- Rajon est magnifique. De tous les matchs que j’ai joués en N2 ou N3, je n’ai jamais vu un stade aussi plein ! Je crois qu’il y avait 2 000 personnes ce jour-là. Moi, j’adore ça. Chez nous, le foot c’est comme la Ligue 1, il y a du monde, du bruit… Plus il y a d’ambiance, plus ça me transcende !
Un dernier mot pour les supporters berjalliens ?
J’espère qu’ils seront nombreux à venir nous encourager, dans les bons comme dans les moments plus difficiles. On forme une famille. On sait qu’il y aura des hauts et des bas durant la saison, mais on sera tous ensemble. Quoi qu’il arrive, on ne lâchera rien. En tout cas, de mon côté, c’est une certitude !


