Après avoir vu son groupe glaner un 8e succès et terminer la phase aller invaincu, F. Morel dresse un premier bilan de mi-parcours et évoque l’importance de l’enchaînement de rencontres qui arrive très prochainement. Rendez-vous avec notre entraîneur N3 pour un entretien complet !
Avec le succès de la semaine précédente, on termine la phase aller avec huit succès, est-ce qu’en Août dernier tu aurais signé pour cette première partie ?
Clairement oui, car au-delà de la série d’invincibilité que nous avons su conserver, il y a une véritable évolution dans le jeu et dans l’enchaînement des matchs. Pour un entraîneur, voir son équipe progresser est essentiel, et lorsque la dynamique de résultats s’accompagne d’une dynamique collective, ce sont forcément de bons signaux.
Nous ne sommes toutefois qu’à mi-saison. Cette période doit nous permettre de bien négocier un virage important afin d’atteindre la position que nous souhaitons en fin de championnat, car c’est bien cela l’objectif principal. Aujourd’hui, on peut parler d’une très bonne première partie de saison, même s’il y a sans doute quelques points laissés en route, tout comme d’autres que nous avons su prendre avec un peu de réussite.
Globalement, cela reflète surtout le travail accompli. Désormais, le plus difficile commence : chaque adversaire va mettre encore plus d’énergie pour tenter de nous faire tomber. L’enjeu n’est pas de rester invaincus ou de conserver cette place à tout prix, mais de garder le cap et notre exigence sur toute la phase retour.
Au-delà de la victoire, le fait d’avoir inscrit trois buts pour la première fois de la saison représente-t-il un signal fort pour la suite, notamment en termes de confiance et d’état de forme ?
Nous avons été très efficaces. Pour la première fois, nous avons su inscrire ce deuxième but à un moment clé, ce qui nous a permis de faciliter la rencontre face à une belle équipe qui nous a mis en difficulté. Le score est large, mais il ne reflète pas totalement le combat que le match a représenté sur l’ensemble de sa durée.
En revanche, il traduit parfaitement notre solidité et surtout notre volonté d’aller marquer davantage, sans nous contenter d’un simple 1-0. Cette capacité à agir sur l’adversaire, nous avons réussi à la mettre en place assez tôt dans le match, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Nous l’avions déjà fait face à Montpellier, mais très tôt dans la saison et seulement en toute fin de rencontre. Cette fois, nous avons su le faire dans des moments clés, tout en continuant à attaquer en seconde période et à menacer notre adversaire. C’est un signal positif dans l’envie de faire plus, notamment après le match de la semaine précédente à Dijon.
Cette performance a également été défensive, avec un sixième clean sheet. Est-ce une juste récompense du travail collectif et de l’implication de toute l’équipe ?
Oui, c’est assez cohérent avec ce que l’on met en place. Nous arrivons à agir sur l’adversaire, à défendre haut, mais aussi à défendre plus bas lorsque le jeu l’exige. Ronan est également très régulier dans ses interventions, notamment dans les moments clés des matchs, ce qui apporte beaucoup de sérénité à l’équipe.
Cela permet de maintenir tout le monde en alerte et d’envoyer un message clair à l’adversaire : pour marquer, il faut franchir chaque ligne de cette équipe. C’est avant tout le reflet d’une très bonne mentalité collective.
Quand on repense à la préparation, durant laquelle nous avions encaissé pas mal de buts, on peut constater que l’équipe a trouvé de bons repères, aussi bien tactiquement que mentalement, avec une réelle envie de performer. Le fait d’avoir un groupe quasiment au complet pousse chacun à élever son niveau de jeu. Ceux qui se sont installés grâce à leurs performances doivent continuer à progresser, et cette concurrence doit nous permettre de performer sur la durée.
Justement, avec l’ensemble du groupe désormais à disposition, est-ce que cela rend les choix plus complexes pour le staff, tout en constituant un véritable luxe ?
Oui, c’est clairement un luxe, même si cela rend les choix plus difficiles. Nous avons construit ce groupe avec l’idée d’avoir presque uniquement des joueurs capables de démarrer les matchs et de performer dans la durée. Les états de forme et les blessures ont donné des opportunités à certains, qui ont su les saisir pour s’installer. À ceux qui reviennent désormais de se battre pour regagner leur place.
De mon côté, mon rôle est d’être le plus juste possible dans les choix, en récompensant les performances et le travail réalisé à l’entraînement, mais aussi en maintenant tout le monde en alerte. L’objectif est d’aligner les meilleures équipes, celles qui démarrent les rencontres mais aussi celles qui savent les finir pour aller chercher des résultats.
Tous les joueurs savaient, en rejoignant ou en restant au club, que le projet était ambitieux. Aujourd’hui, le haut niveau sans concurrence, ça n’existe pas. On peut parfois choisir des projets offrant plus de garanties de temps de jeu, mais cela ne rime pas toujours avec performance collective.
Le fait d’avoir tout le monde disponible est une chance, même si l’on sait que, entre blessures et suspensions, cette situation ne durera pas éternellement. Il faut donc profiter de ce moment pour renforcer la concurrence, l’état d’esprit et l’exigence. Aux joueurs aussi de faire preuve de patience et de montrer qu’ils s’inscrivent pleinement dans le projet, qui s’inscrit sur la durée et pas seulement sur un match.
Tant que nous conserverons cet état d’esprit, chacun a le droit d’être déçu de ne pas jouer, mais cela ne doit jamais se voir sur le terrain. Avec cette mentalité et la qualité de l’effectif, l’équipe continuera à performer.
Ce week-end, vous vous déplacez à Montpellier, une équipe qui performe particulièrement à domicile. Est-ce un exemple de l’une des lignes directrices de ce groupe H, où les équipes sont surtout fortes chez elles ?
Il est vrai que c’est un peu le cas dans ce groupe H de manière générale. Pour en revenir au MHSC, c’est une équipe qui a beaucoup évolué depuis notre première confrontation, qui avait eu lieu à domicile. Ils ont clairement gagné en maturité et ont bénéficié d’une formation accélérée, car ils sont devenus une équipe qui impacte fortement l’adversaire. Ils ont également pris le rythme de ce championnat.
À domicile, ils sont encore plus redoutables : ils disposent d’un cadre très favorable, avec des conditions d’entraînement intensives — je pense qu’ils s’entraînent 6 à 8 fois par semaine dans leurs installations, ce qui renforce leurs repères et leur cohésion. Pour nous, l’enjeu sera de bien voyager, de faire preuve de solidité et de maturité, et de ramener un résultat intéressant de ce déplacement à Montpellier. Ils avancent vite, mais nous devons montrer que nous aussi, nous sommes capables de répondre à ce rythme.
Dans ce groupe H, il n’y a aucun déplacement facile depuis le début de saison. Après avoir laissé passer quelques points, est-ce que prendre trois points pour cette première journée de la phase retour devient essentiel pour relancer la dynamique hors de nos bases et trouver les bons ingrédients ?
Oui, nous avons souvent été solides à l’extérieur, même si nous avons tout de même laissé quelques points en route dans différents scénarios. Là, l’objectif est surtout de rester sur la dynamique après un gros match contre Fos, sans aucun relâchement. Il faut garder le rythme que nous avons pris.
Quoi qu’il arrive, nous allons aborder chaque match pour le gagner. Nous ne partons jamais dans l’optique d’un match nul. Ensuite, on verra selon la dynamique de la rencontre, mais l’essentiel est d’être acteurs et de continuer notre série.
Il y a aussi des confrontations directes entre nos poursuivants, donc quand nous gagnons et que nos adversaires se rencontrent, cela constitue une bonne opération. Il est donc important de maintenir la cadence, sans regarder derrière, mais en mettant la pression sur tout le monde, et surtout en se mettant la pression nous-mêmes pour performer. Les résultats ne tombent pas du ciel : il faut garder nos forces et nos attitudes.
Même si nous avons fait match nul à Dijon, nous avions fait une bonne entame. Là, il faudra produire cela sur deux mi-temps, car ce n’est pas une question de domicile ou d’extérieur : c’est une question de faire un match plein. Et après le bon match contre Fos, nous nous devons d’enchaîner.



